Mercredi le 18 août dernier, M. Jean Coutu était de passage à St-Georges de Beauce dans le cadre de la série « Les Rendez-vous ». Devant une centaine d’hommes d’affaires réunis, M. Coutu a livré un impressionnant témoignage de son vécu et de son expérience.
De manière aussi attachante qu’intéressante, le président du conseil d’administration et fondateur du Groupe Jean Coutu a fait part à la centaine de participants présents de ses modestes débuts, dans un local de 18 pieds par 55 pieds, avec 4 employés, et un chiffre d’affaires annuel de 67,000$. Notons qu’aujourd’hui, ce montant est atteint en une seule journée d’ouverture ! De fait, le 4 août dernier, St-Georges célébrait l’ouverture une seconde pharmacie Jean Coutu, portant ainsi le nombre de ces établissements à près de 400, procurant du travail à 19,000 personnes. On comptabilise un chiffre d’affaires colossal de quelques milliards de dollars pour le Groupe PJC.
Lors de la conférence animée par M. Frank Nicholas, M. Coutu a avoué que devenir entrepreneur demande du courage et de l’audace : « Il faut y aller de tout son cœur et de tout son talent, ne pas compter les heures, avoir un but et vouloir le matérialiser ».
« Il ne faut pas trop en connaître », ajoute-t-il, « les génies se remettent trop en question ». Avec beaucoup d’humour et de philosophie, M. Coutu a affirmé que la clé du succès était d’aimer ses clients, ses employés, et ses produits. La confiance faisant partie de la guérison, en ce qui le concerne. À la question de l’animateur sur la différence entre un « entrepreneur » et un «bon entrepreneur », M. Coutu plaisante : ‘ Il y a le mot BON entre les deux’ ! Si une telle école spécialisée dans le monde des affaires avait existé dans ses débuts, il s’y serait inscrit sans hésitation ! Il a dû apprendre de ses erreurs, de façon à ne pas les répéter une seconde fois.
Jamais il ne parlait de travail à la maison, ni ne s’endormait sur un problème. Mais il ne faut jamais se croire ‘arrivé’, « on peut toujours être meilleur » soutient-il; il insiste sur l’importance de l’innovation. À 84 ans, ce remarquable monsieur au regard vif et à l’esprit alerte observe la société américaine et se désole devant les conditions de vie de l’américain moyen qui doit cumuler 2 emplois pour joindre les deux bouts, sans recours à une assurance-maladie telle qu’on la connaît au Québec. Le décrochage chez les jeunes, pour lesquels il s’implique beaucoup, est une cause chère au cœur de Jean Coutu. Il est d’avis que les pharmaciens devraient avoir plus de pouvoir, étant souvent les personnes ressources de première ligne en santé, les plus facilement accessibles. Il ne tarit pas d’éloge sur la déclaration de Warren Buffet, troisième au palmarès des plus riches de la planète, qui a déclaré haut et fort que ça n’avait pas d’allure qu’en pourcentage, il paie moins d’impôt que sa secrétaire !
Sur la délicate question du transfert d’entreprise, M. Coutu a facilement passé le flambeau à ses fils; c’est lorsqu’il s’agit des petits-enfants que ça devient plus risqué. « Il ne faut pas qu’une entreprise devienne le ‘dépotoir’ des petits-enfants ». Chez le Groupe Jean Coutu, les petits-enfants doivent faire leur preuve 3 ans à l’extérieur avant de passer devant le ‘comité des sages’ où ils devront expliquer la raison de leur intérêt à l’entreprise familiale, et ce qu’ils croient pouvoir y apporter. M. Coutu espère qu’on se souviendra de lui comme d’un bon citoyen, qui a bâti quelque chose, et qui laisse derrière lui un nom respectable, une famille respectable.
Il conclut sur ces mots : « Tant et aussi longtemps que vous avez du plaisir à faire ce que vous faites, faites-le »!
Les étudiants ‘entrepreneurs-athlètes’ auront eu la chance de passer un «24 heures avec » M. Coutu le lendemain de cette soirée, M. Coutu agissant comme entrepreneur-entraîneur.
Un cocktail dinatoire débutant cette soirée qui fut une belle opportunité de réseautage pour les gens d’affaires, nous avons par la suite été conviés à visiter la section «foire commerciale» où les entrepreneurs présents devaient démontrer leur savoir-faire pour nous convaincre de la qualité de leur produit. En ce qui nous concerne, nous nous sommes arrêtés devant le kiosque des portes de garage Garaga pour discuter avec Martin Gendreau qui fait partie de cette deuxième cohorte de 25 entrepreneurs-athlètes de l’EEB.
Une autre rencontre intéressante fut celle de M. Nicolas St-Pierre de Ste-Madelaine, entraîneur de chiens Mira, dont les parents furent les pionniers pour la formation de chiens-guides. Sa présence s’expliquant par l’implication de la Fondation Marcelle et Jean Coutu pour la ‘Schola Mira’, édifice où sont entraînés des chiens pour venir en aide aux enfants souffrant du trouble envahissant du développement. En 10 ans, cette fondation aura remis près de 3 M$ utilisés pour la flotte de véhicules, la construction de bâtiments et la recherche sur le TED. Un de ces bâtiments porte le nom de « Pavillon Fondation Marcelle et Jean Coutu ». Nous avons donc serré la patte de Challenger, «cousin» de ce magnifique Santol du château Frontenac. Challenger a d’ailleurs su lui aussi profiter de cette soirée-réseautage, saluant plusieurs businessmen au passage, et savourant leurs câlins!
Enfin, nos remerciements les plus chaleureux aux dirigeants de L’École d’entrepreneurship de Beauce pour leur généreux accueil et leur convivialité.
Notre reconnaissance à M. Marc Dutil, président fondateur de l’EEB, Mme Nathalie Riverin, directrice générale, et Mme Jenna Dubé du cabinet de relations publiques National, pour leur disponibilité et leur complicité. Ce fut un grand privilège que d’obtenir un entretien exclusif avec ce grand monsieur qu’est Jean Coutu.