Daniel Saint-Pierre  Coopérative de travail HorisolInforme affaires est heureux de compter parmi ses personnalités d’affaires, celui qui dirige les destinées de l’entreprise Horisol depuis plus de dix ans,  M. Daniel St-Pierre. Nous l’avons rencontré pour en savoir davantage sur sa carrière et les succès de l’entreprise.


D’abord, dites-moi ce qu’est Horisol ? 

D’abord précisons que «HORISOL» signifie HORIzon-SOLeil, soulignant ainsi la vocation sociale de l’entreprise qui permet, aux personnes avec des limitations fonctionnelles, d’obtenir un travail rémunéré et d’occuper sa place au soleil.  Il s’agit du rêve de trois personnes handicapées visuelles qui voulaient valoriser le plus grand nombre de personnes vivant avec un handicap en leur procurant un emploi stable et rémunéré. 

Comment ces personnes handicapées visuelles ont-elles pu arriver à fonder leur propre compagnie?

Pendant quelques années, les employés ont travaillé au sous-sol du Centre municipal de Saint-Jean-Port-Joli. Ceux-ci retiraient comme salaire, le repas du midi fourni et le transport payé pour se rendre au travail.  En 1984, ayant développé une expertise dans le travail occupationnel pour les personnes handicapées, «Horizon-Soleil des handicapés Inc.» fonde la «Corporation de travail Horizon-Soleil»,  assurant alors un travail rémunéré à six personnes handicapées et deviendra en décembre 1987, la «Corporation de travail Horizon-Soleil», une coopérative de travailleurs qui portera désormais le nom «HORISOL».

Dites-moi, qu’est-ce qui a amené un diplômé de l’Université Laval avec une licence en lettres, un diplôme d’enseignement, professeur de français et de littérature, à devenir dirigeant d’une entreprise?

Après plus de seize ans dans l’enseignement, en 1987, j’ai décidé de faire une maîtrise en administration des affaires, de façon intensive, d’une durée de deux ans.  Après avoir complété ma maîtrise, j’ai quitté l’enseignement et j’ai accepté de relever un nouveau défi, celui de commissaire industriel à la Corporation de développement économique de la MRC de L’Islet, poste que j’ai occupé pendant presque dix ans.

Est-ce que vos fonctions de commissaire industriel ont un lien avec votre occupation d’aujourd’hui?

Horisol a subi un incendie majeur en août 1997, dix ans après sa création et l’entreprise a été complètement détruite.  Horisol connaissait, depuis quelques années, des difficultés financières importantes, à un point tel, que les employés risquaient de perdre leur emploi et par le fait même, la fermeture définitive de l’entreprise.  De par mes fonctions, j’agissais comme conseiller dans l’entreprise et c’est alors qu’on me propose le défi de redonner vie à Horisol.  Je suis en poste depuis 10 ans, soit depuis janvier 1998.  Lorsque j’ai accepté le mandat, on comptait quatorze employés, quatre cent mille dollars de chiffres d’affaires, une coopérative d’employés sans buts lucratifs et je vous avouerais que nous étions très près d’une fermeture; on ne savait pas trop si on devait reconstruire.

Dix ans plus tard, avez-vous bien fait de reconstruire?

C’est une très bonne décision que nous avons prise, car dix ans plus tard nous sommes rendus à cent employés en période de pointe, nous avons maintenant trois usines à St-Jean-Port-Joli dont une bâtisse toute récente, construite il y a trois ans, dans le parc industriel.

Que produit Horisol?

Horisol, c’est une entreprise qui travaille dans le secteur du bois et spécialisée dans la planche de clôtures.  Au début, on fabriquait des palettes de manutention à un niveau très restreint, des bases d’emballage pour produits industriels, des bases de sommier, de l’ensachage de pièces et accessoires pour différentes compagnies. 

Est-ce que la crise forestière actuelle vous atteint?

Oui. Dans le secteur industriel actuellement, rien n’est simple, dans tous les secteurs. Dépendamment de la faculté d’adaptation et la façon de s’adapter  aux marchés, je pense sincèrement que les bons entrepreneurs vont toujours s’en sortir, peu importe les secteurs et actuellement, il y a une épuration volontaire qui se produit.  Dans le secteur du bois, on a vécu une crise à quatre volets : conjoncturelle, structurelle, organisationnelle et sociale.  Je me considère chanceux d’avoir la formation en administration qui m’aide à passer à travers les moments plus difficiles.

Au niveau du recrutement des employés, quel est le pourcentage de vos employés qui ont des limitations fonctionnelles et éprouvez-vous des difficultés à assurer la relève?

Soixante pour cent de nos employés ont des limitations fonctionnelles.  Il y a un service externe de main-d’œuvre qui existe à La Pocatière, L’Islet, Montmagny qui nous fournit une liste de candidats avec des critères d’admissibilité à respecter et nous relevons d’Emploi Québec.  Je siège aussi au Conseil québécois des entreprises adaptées qui représente 44 entreprises au Québec, 4,000 emplois et cent cinquante millions de dollars en chiffre d’affaires. 

Comment entrevoyez-vous l’avenir dans votre secteur d’activités?

Avec optimisme car notre entreprise a investi plus de trois millions de dollars depuis les dix dernières années pour se moderniser dont 1,6 million uniquement pour la construction d’une nouvelle bâtisse dans le parc industriel.  Nous continuons de nous développer et nous prévoyons une augmentation de notre chiffre d’affaires de 25 % d’ici trois ans avec quatre équipes de vingt-cinq employés chacune.  Il nous faut donc conserver la constance et accentuer nos efforts dans l’amélioration de la qualité de produits.  Nous sommes le leader dans la fabrication de planches à clôture et nous entendons le rester. 

Maire de St-Aubert (municipalité de 1372 habitants située au sud de St-Jean-Port-Joli) pendant plus de sept ans, soit jusqu’en 2005, il est retourné en politique municipale depuis quelques mois comme conseiller à la municipalité de St-Jean-Port-Joli.

Nationaliste dans l’âme, Daniel St-Pierre est un homme avec des convictions profondes.  Passionné,  visionnaire,  avec une attitude des plus positives sur l’avenir, Daniel St-Pierre, en plus de la politique, s’implique dans différents secteurs d’activités tels que le développement socio-économique, la culture, l’éducation, les affaires sociales et affirme avec sincérité que rien ne se fait sans enthousiasme et c’est ce qu’il défend avec détermination tant auprès de ses employés chez Horisol que dans son  quotidien.


Dans la catégorie : PERSONNALITÉS D'AFFAIRES

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