RIVE-SUD
PERSONNALITÉS D'AFFAIRES
Jean-Yves Fortin, propriétaire des trois Hôtels L'Oiselière et de l'Hôtel le Florimay
Maintenant propriétaire de trois hôtels L’Oiselière sur la Rive-Sud de Québec, Jean-Yves Fortin a connu un cheminement de carrière hors du commun. Originaire de Cap-Saint- Ignace et issu d’une grande famille de dix enfants, diplômé de l’École des Arts et Métiers de Montmagny et apprécié de ses employeurs par son souci de la perfection, Jean-Yves Fortin ne tarde pas à faire sa marque. Nous avons eu le plaisir de rencontrer monsieur Fortin dans l’un de ses hôtels, L’Oiselière de Montmagny.
Parlez-nous de votre carrière, comment l’aventure a commencé ?
Je suis sorti de l’école avec un diplôme en soudure. À ce moment-là, l’autoroute 20 était en construction et j’ai commencé comme soudeur pour la compagnie Benro . Par la suite, je suis parti travailler pendant 2 ans à la Baie James durant la grande période de construction des barrages et lorsque je suis revenu, j’ai décidé de fonder ma propre compagnie. C’est donc en février 1974 que j’ai démarré ma première entreprise, un atelier mobile de soudure. Les contrats augmentant de jour en jour, j’ai décidé d’ouvrir une petite usine à Cap-Saint-Ignace et en 1979, j’ai déménagé l’usine dans le parc industriel de Montmagny.
Nous avons commencé à travailler en sous-traitance dans la fabrication de charpentes d’acier et ensuite, nous nous sommes spécialisés dans la fabrication et l’installation de charpentes d’acier à la grandeur du Canada. Ces travaux représentaient, pour notre compagnie, plus du tiers de notre chiffre d’affaires et nos principales tâches s’effectuaient dans les écoles, les aéroports, tous les bâtiments commerciaux.
En 1999, voyant venir une période économique plus difficile en charpentes d’acier, nous avons décidé d’agrandir et moderniser l’équipement de notre usine et d’acheter une autre usine à Saint-Pierre de Montmagny, ce qui nous a permis de passer au travers de ces moments. Cet investissement nous a permis de conquérir des clients comme Beauce Atlas, Can Am et Supermétal.
Pourquoi avoir choisi le secteur de l’hôtellerie ?
Depuis 1989, j’avais investi dans l’ancien hôtel Place le Germoir à Montmagny. Auparavant, j’avais investi de l’argent en bourse et on subissait toujours les foudres du marché, bon ou mauvais et après deux coups plus difficiles, j’ai décidé d’investir dans l’immobilier et de gérer moi-même mes actifs. J’avais des personnes de confiance en place pour gérer l’hôtel dont principalement mon épouse Andrée et mon frère Germain et tranquillement, on s’est monté une réputation très enviable.
Vous avez vendu parce que le secteur de l’acier ne vous intéressait plus ou pour relever le défi hôtelier?
Ça faisait trente cinq ans et toute ma vie a été consacrée à l’acier. J’avais plus de cinquante employés à diriger. Tout simplement, je pensais avoir fait le tour, je voulais développer d’autres opportunités et je voulais vraiment mettre toutes mes énergies dans le développement des affaires de mes hôtels.
Le concept «Hôtel l’Oiselière» comment l’avez-vous développé ?
Quand on a acheté Place Le Germoir, c’était un complexe de grandes salles de réunions, parce qu’en ce moment-là, il y avait beaucoup de mariages. Puisque les mariages devenaient de moins en moins populaires et les demandes en hébergement augmentaient sans cesse, nous avons décidé de changer l’orientation de l’hôtel. Place Le Germoir ne contenait pas beaucoup d’hébergement et comme il n’y avait pas beaucoup d’hôtels «Haut de gamme, quatre étoiles», nous avons décidé de nous lancer dans cette catégorie d’hôtels avec piscine intérieure et extérieure et un jardin tropical. La clientèle a apprécié le concept «famille» le concept «d’affaires» et nous avons maintenant une excellente réputation, les gens aiment l’Oiselière. Nous nous soucions d’offrir un service de qualité à notre clientèle et de vendre nos produits à prix abordables.
Est-ce que ça été difficile d’implanter un hôtel quatre étoiles à Montmagny ?
Quatre étoiles, nous y sommes parvenus mais cinq étoiles, la clientèle n’est pas prête à payer pour ce type de service. D’ailleurs les critères pour atteindre le cinq étoiles sont très élevés et difficiles à atteindre dans le contexte actuel. La clientèle a très bien répondu et il y avait vraiment un besoin dans ce marché. Autant c’est bon pour nous, autant c’est aussi bon pour la ville de Montmagny car l’Oiselière représente un point de rencontres et la population nous aide beaucoup en nous recommandant particulièrement à cause de nos prix et de notre réputation.
Depuis que vous êtes établis à Lévis, deux hôtels sont arrivés dans le même secteur. Est-ce que ça vous dérange ?
Nous avons une façon d’opérer…les gens nous connaissent à Lévis, connaissent la qualité des services que nous offrons. Nous voulons travailler de concert avec nos compétiteurs. D’ailleurs, nos services sont plutôt complémentaires alors chacun pourra se faire une niche particulière et ce, dans le respect et vous savez, la compétition nous oblige à toujours être meilleurs.
Trouvez-vous plus difficile de gérer une entreprise de charpentes d’acier qu’un hôtel ?
Ce sont deux entreprises complètement différentes. La charpente d’acier, c’est un secteur vraiment spécialisé mais je vous dirais qu’à un certain point, ça se rejoint car si on ne s’occupe pas de nos clients, qu’on ne donne pas de services, que pensez-vous qu’il se passera? Ce que je vous dirais que j’aime surtout, en structure d’acier, les comptes à recevoir sont énormes alors que dans l’hôtellerie, tu récoltes tes ventes de la journée au quotidien, ce qui rend l’entreprise facile à opérer. Si tu n’as pas le sentiment d’appartenance de tes employés envers ton entreprise, ce sera très difficile de réussir et moi je me considère chanceux dans la vie d’avoir eu, à mes côtés, Andrée, mon épouse pour me seconder dans l’hôtellerie et à l’usine, j’avais de très bons employés et maintenant, j’ai madame Denise Poitras qui agit à titre de directrice générale et nous travaillons conjointement à faire une réussite des Hôtels L’Oiselière.
Vous avez investi quel montant pour vos 3 hôtels?
C’est un investissement de près de 25 millions de dollars pour les Hôtels L’Oiselière.
Jean-Yves Fortin est aujourd’hui propriétaire des Hôtels l’Oiselière de Montmagny, Lévis et, plus récemment, celui de Saint- Nicolas en plus de l’hôtel Le Florimay, sur le chemin des Poirier à Montmagny. Ces 4 hôtels embauchent près de 100 employés et font la fierté de la population de la Rive-Sud de Québec et de la Côte-du-Sud non seulement par la qualité des établissements mais aussi pour leur réputation.