Johanne Pelletier, propriétaire de La Coureuse des GrèvesC’est une femme au regard pétillant et encore passionnée par son commerce, Madame Johanne Pelletier, qui a reçu Informe Affaires pour nous parler de son bébé, le restaurant « La Coureuse des Grèves » de St-Jean-Port-Joli, qui a maintenant atteint une belle maturité de 30 années depuis le 2 décembre 2008.

Madame Pelletier, pouvez-vous raconter comment La Coureuse des Grèves est né?

Tout d’abord, en 1978, j’étais une jeune mère séparée et je travaillais comme serveuse au restaurant Le Gueuleton.


Je me disais qu’il serait intéressant d’avoir mon propre commerce mais, en même temps, je craignais de manquer de présences pour mes enfants. À ce moment là, une de mes amies, enseignante, fréquentait le propriétaire d’une maison à logement qui voulait se débarrasser de cette dernière. Nous avons donc élaboré un projet en compagnie d’une autre compagne artisane de son métier. Cela nous permettrait de diviser les horaires de travail et ainsi pouvoir vaquer à nos autres obligations.

Au départ, nous avons loué la bâtisse puisqu’en 1978, les institutions bancaires n’étaient pas enthousiastes pour prêter de l’argent aux femmes et encore moins, pour un projet de restaurant. C’est finalement, par une subvention provinciale de l’O.P.D.Q., ($20 000) que nous avons pu démarrer notre entreprise. Nous voulions tellement réussir que nous étions prêtes à faire bien des sacrifices. Nous avons donc aménagé le site grâce à nos talents de démolisseuse, menuisière, peintre etc. Les élèves de l’École de sculpture de St-Jean-Port-Joli ont participé à la création artistique de nombreuses pièces de sculpture du restaurant, dont les tables qui étaient toutes de factures différentes. Quant à l’équipement de la cuisine, c’est grâce à une entreprise « Doyon Équipements » que nous avons pu acquérir, petit à petit, tout l’attirail nécessaire au bon fonctionnement d’une cuisine. Au bout de 5 ans, nous étions enfin propriétaires de nos biens car, nous avions aussi acheté la bâtisse.

Le restaurant étant prêt, qu’avez-vous fait pour vous démarquer de la concurrence ?

Il faut dire que nous avons été les premiers à posséder une machine à espresso entre Québec et Gaspé. De plus, nous exposons les œuvres d’artiste en permanence. Au premier étage, nous louions un espace pour une boutique d’aliments naturels.Au sous-sol, une boulangerie occupait les lieux. Nous avions donc tout ce qu’il fallait pour fournir le restaurant en produits de qualité.

Quelle a été l’évolution de votre commerce ?

Nous sommes demeurées trois (3) actionnaires pendant une quinzaine d’années. Par la suite, une des copropriétaires a abandonné pour ouvrir un commerce à Québec. Nous avons continué à deux pendant encore huit ans avant que je rachète les parts de ma collègue. Je crois que le secret de mon entreprise repose sur le fait que je me suis entourée d’une équipe extraordinaire. Il faut croire que mon personnel aime leur travail puisqu’ils sont fidèles. Le chef, anciennement du restaurant Paris Brest de Québec, est là depuis 14 ans ainsi que mon barman.

Selon vous, qu’est-ce qu’une femme apporte dans votre domaine ?

Le petit plus, les détails, la perspicacité.

Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

En 2007, nous avons atteint un chiffre d’affaires de $ 1 000 000. Ceci grâce à un travail d’équipe et pour remercier mes employés, je les ai amenés avec moi en croisière au Bahamas. Je suis toujours à l’affût des tendances et j’espère que lorsque je vendrai, les acheteurs conserveront la même mission, c’est-à-dire préserver une relation privilégiée avec la clientèle et continuer à protéger la bonne réputation du restaurant.

Que souhaiter de plus à cette entrepreneure qui a vaincu les préjugés de l’époque et qui continue à se rendre à son commerce tous les matins avec la même passion d’antan?


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