RIVE-SUD
PERSONNALITÉS D'AFFAIRES
Madame Jocelyne Gagnon Propriétaire du Manoir de Tilly
Informe Affaires: Ça fait déjà 35 ans que vous êtes propriétaire du Manoir de Tilly. Comment cette aventure a-t-elle commencée?
Jocelyne Gagnon: Nous sommes originaires du Saguenay mais nous habitions à Québec lorsque mon mari à vu l’annonce du manoir à vendre dans les journaux. Lors d’une journée à la cabane à sucre en Beauce avec nos trois enfants, nous avons fait un détour par Saint-Antoine-de-Tilly et nous sommes tombés en amour avec ce manoir seigneurial qui a maintenant 223 ans.
Nous avons rapidement entrepris des démarches avec la propriétaire de l’époque, Mme Daigle, et début juillet, nous en prenions possession. Nous sommes demeurés 30 ans dans le manoir puis, il y a cinq ans, nous avons acheté la maison de notre voisine, une dame qui était née dans le manoir.
IA: Quels sont les plus beaux souvenirs que vous garder de ces années-là?
JG: J’ai assez de beaux souvenirs pour écrire un livre mais comme je suis une chanteuse, j’apprécie particulièrement les samedis de chants dans ma salle à manger. Ça fait déjà plus de 50 ans que je fais du chant choral. Pour moi, c’est une forme de ressourcement. Après avoir fait partie du choeur de Tilly pendant 28 ans, je fais maintenant partie du choeur de Québec avec M. Guy Bélanger, ce qui me donne l’occasion de participer à des concerts. Je fais aussi des CDs. J’en ai fais un avec ma pianiste, Mme Nicole Danielli, qui regroupe les chansons que je chante dans ma salle à manger le samedi soir. Et puisque plusieurs personnes me le demandaient, j’ai aussi fais un CD de Noël et un autre sur notre 35e anniversaire en tant que propriétaire du manoir, réalisé par Marcel Lefebvre, ex-parolier de Jean Lapointe.
Je garde aussi un très bon souvenir du passage de l’émission La petite séduction à Saint-Antoinede- Tilly. Nous avons eu la chance d’héberger toute l’équipe ainsi que madame Andrée Lachapelle, qui était l’artiste à séduire. Nous avons beaucoup apprécié avoir cette grande dame avec nous, elle est même revenue par la suite.
IA: Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas acheté le manoir?
JG: Je ne sais pas mais l’achat du manoir a mis un terme à une série de déménagements. Nous avons déménagé treize fois en onze ans. Quand je me suis mariée, nous sommes déménagés à Toronto, puis à Windsor, nous avons ensuite fais un détour par le Vermont, pour ensuite revenir à Montréal puis à Québec… et je vous passe les déménagements mineurs. Je crois que sans tout ce chemin, je ne serais peutêtre pas ici. Je crois aussi que j’ai développé une bonne capacité d’adaptation et l’habitude de réagir rapidement aux événements imprévus.
IA: Quelles sont les qualités indispensables, selon vous, pour réussir en affaires et dans la vie?
JG: Pour réussir dans mon domaine ou dans un autre, il faut trois P : la patience, la passion et la persévérance. Il faut aussi une grosse goûte d’amour!
IA: Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail?
JG: J’aime beaucoup m’occuper des réceptions en tout genre, 25e anniversaire de mariage, 50e, parties de Noël, mariage. Tellement que mon mari m’appelle la marieuse.
IA: Est-ce que vos enfants travaillent avec vous?
JG: Mes deux filles travaillent toutes les deux pour Air Canada à Montréal. La plus vieille, Catherine, est agent de bord et la deuxième, qui a étudié en tourisme, est chargée de projet. Par contre, ce sont elles qui ont été mes premières serveuses. Elles ont aussi nettoyé des chambres. Au début, nous faisions tout. Notre garçon, Pascal, est notre chef-cuisinier depuis 19 ans.
IA: Quels sont vos projets?
JG: Tant que la santé et la passion seront là, nous allons continuer à nous occuper du manoir, mais depuis que nous sommes déménagés dans la maison, nous prenons les choses un peu plus tranquillement. Nous avons 35 employés sur qui nous pouvons compter. Pour ma part, je compte bien continuer de consacrer beaucoup de temps au chant.