IA : M. Lafontaine, votre entreprise ne cesse de se distinguer, après un prix en développement durable de la ville de Québec en janvier dernier, voici que Desjardins vous honore dans le cadre des Pléiades.

FL : En effet, nous sommes très heureux d’obtenir la reconnaissance du milieu. Desjardins a remis trois prix et les deux premiers ont été décernés à Teknion et à Jacques Tanguay. Le prix «L’excellence du savoir-faire» était pour nous. C’est un bel accomplissement.

IA : Avez-vous toujours travaillé dans le domaine de l’excavation?

FL : Non, au départ, j’ai fait un cours universitaire en aménagement du territoire et en développement régional. Pendant sept ans, j’ai travaillé à l’Office de planification du développement du Québec, mais les plans d’aménagements que je structurais n’aboutissaient pas souvent, faute de porteur de ballon pour réaliser le projet. C’est alors, en 1975, que j’ai eu l’idée d’incorporer mon père, un opérateur de machinerie lourde, et deux de mes frères, dans une entreprise qui a pris le nom d’Excavations Lafontaine. En 1982, le goût des affaires a pris le dessus. J’ai donc quitté mon emploi au gouvernement et j’ai entrepris de réaliser le plan de développement que j’avais structuré pour la compagnie

IA : Est-ce que les débuts ont été difficiles?

FL : J’ai passé le premier hiver au chômage, mais je savais dans quoi je m’embarquais. Je me suis entouré de personnes compétentes puis en 1984, j’ai rédigé un manuel de gestion de chantier, souvent appelé «Méthode Lafontaine» à l’interne, qui a permis d’augmenter notre efficacité et notre savoirfaire. Les employés qualifiés et les différentes situations rencontrées ont contribué à son développement et il est encore appliqué aujourd’hui.

IA : Êtes-vous originaire de la Rive-Sud?

FL : J’ai passé la plus grande partie de ma jeunesse à Saint-Malachie dans Bellechasse. C’est d’ailleurs à cet endroit que j’ai lancé l’entreprise au départ. Le coeur de nos activités est toutefois en train d’être transféré à Lévis, tout en maintenant une présence active dans Bellechasse.

IA : Quels sont vos projets?

FL : Je planifie ma relève. Mes deux fils, Mathieu et François, sont impliqués dans l’entreprise et devraient pouvoir reprendre les rênes d’ici quelques années. Je ne pense pas arrêter de travailler complètement un jour, mais j’aimerais voyager plus, faire le tour de la planète. Cet été, je vais à Vienne et à Prague et le printemps prochain, j’aimerais aller en Amérique du Sud.

IA : Dans quel autre type de carrière vous seriez-vous vu?

FL : J’aurais aimé être ingénieur de formation. Je me serais probablement retrouvé dans un domaine théorique, car j’aime m’attarder à un problème et tenter de le résoudre. Je me serais bien vu comme chercheur.

IA : Avez-vous le temps de développer d’autres passions que le travail?

FL : J’aime beaucoup la chasse et la pêche, me retrouver dans la nature en général. J’ai joué longtemps au hockey et c’est un sport que j’adore. Je trouve qu’il y a de bons parallèles à faire entre la gestion d’une équipe de hockey et la gestion d’une entreprise. À la seule différence que les employés ne peuvent pas congédier le coach...

IA : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs?

FL : Je leur conseille de croire en eux-mêmes. L’humain ne connait pas la portée de tout ce qu’il peut faire. Il est toujours possible de repousser les limites. Il ne faut pas avoir peur de l’adversité, car elle permet de développer l’imagination et la débrouillardise. Il faut apprendre de nos erreurs et s’appliquer pour toujours bien faire les choses du premier coup.

Dans la catégorie : PERSONNALITÉS D'AFFAIRES

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