RIVE-SUD
PERSONNALITÉS D'AFFAIRES
M. Hervé Bernier, Directeur Général de Biopterre
Le Patch Adams des scientifiques
Sous des airs très sérieux et protocolaires, se cache un personnage fort spirituel et accessible pour qui a le privilège de le rencontrer. Après quelques minutes, nous savons déjà que nous sommes devant un passionné des sciences, et, de par sa façon de vulgariser son discours, M. Bernier arrive à susciter l’intérêt des profanes que nous sommes! Il est facile de deviner son passé de professeur, mais on s’étonne de l’entendre nous décrire ses méthodes d’enseignement, plus près du show-business que de la tradition usuelle. Son humour aura vite fait de capter l’attention de ses élèves, de sorte que la comparaison avec Dr Patch Adams devient évidente! Il a réinventé le professorat.
Rétrospective académique et professionnelle
Natif du Bas Saint-Laurent, plus précisément de Saint-Jean-Port-Joli, M. Bernier est le cinquième d’une famille de 8 enfants. Déjà, l’équilibre fait partie de sa vie, 4 filles et 4 garçons entourant leurs parents. Son père, à l’époque menuisier chez « portes et fenêtres Lorendo », ne se doute pas qu’un génie en herbe grandit sous son toit!
Ses études primaires complétées à St-Jean-Port-Joli, il y débute son secondaire au Collège Fleury pour le terminer au Collège Ste-Anne de La Pocatière. Déjà, notre personnalité envisage son choix de carrière, un conseiller en orientation du secondaire lui ayant confirmé son aptitude marquée pour le domaine de l’ingénierie.
Il dévorait déjà les revues scientifiques que son frère aîné lui rapportait de l’Université, et se passionnait pour les kits de chimie ou micros-copes reçus en cadeau.
Pendant ses années au Cegep de La Pocatière, un professeur de physique, M. Fernand Labrie, lui parle du programme de Génie chimique de l’Université de Sherbrooke, où il existe un système coopératif associant des stages en entreprises au cours universitaires. Ce qui motiva bien sûr le choix de celui qui privilégie l’application concrète dans ses recherches, depuis ses débuts.
Ses cinq années universitaires achevées, il s’inscrit à différents cours de perfectionnement tels gestion de projets, propriété intellectuelle et autres, avant d’être embauché au Ministère de l’environnement à Québec, qu’il quittera 6 mois plus tard.
C’est alors qu’il se retrouve professeur à l’Institut de technologie agro-alimentaire de La Pocatière, où il communiquera son amour de la science à des étudiants à peine plus âgés que lui, pendant 5 ans. Il salue son mentor, M. Jean Meunier, qui l’aura convaincu que pour avoir du succès auprès de sa classe, il lui fallait renouveler la façon de présenter la matière! Il faut dire aussi que M. Bernier fut chargé de cours lors de sa dernière année au Bac.
C’est ainsi qu’il porta le titre de professeur pendant 5 ans, jusqu’à ce que le refus de la routine le conduise au poste de chargé de projets de recherche et développement au même Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière, où il continua de gravir les échelons jusqu’à la naissance, en 2007, de Biopterre-Centre de développement des bioproduits où il fut nommé Directeur général dès l’ouverture.
Au début des années 80, il présenta un projet à l’Université Mc Gill, sur la récupération de l’énergie solaire, qui l’amena à la Maîtrise, avec publications et conférences devant des éminents chercheurs au niveau mondial.
Il est membre de l’ordre des ingénieurs du Québec, de la Canadian Society for Bioengineering et de l’American Society of Agricultural and Biological Engineers; il siège sur différents conseils d’administration; il a à son actif des publications, rapports techniques et comptes rendus de conférences publiés, et il est récipiendaire de différents prix et décorations pour avoir contribué au développement de la formation agroalimentaire.
Étudiant réservé, personnalité qu’il décrit lui-même de «low profile », il faut le voir nous expliquer comment il fait une représentation mathématique des écosystèmes grâce à l’informatique, sa seconde passion, afin de tester l’efficacité des solutions scientifiques qui pourront être présentées à des séminaires, et devenir des prochaines publications.
Il nous explique que Biopterre est en fait un Centre Collégial de transfert de technologies, affilié au Cegep de La Pocatière et à l’Institut de technologie agroalimentaire qui compte deux campus : celui de La Pocatière et l’autre à St-Hyacinthe. Il précise que Biopterre est un Centre de développement des bioproduits dont le rôle est de libérer le potentiel des plantes dans le domaine de la santé, de l’énergie et de l’environnement.
Ce qui l’amène parfois à travailler en collaboration avec Dr André Boulet de Pur Genesis, avec qui on lui découvre trois points en commun : le prénom de leur paternel, soit ‘Henri’; leur amour de l’assiette de moules et frites de Chez Octave, et leur exemplaire humilité!
L’humain derrière le génie
Hervé Bernier est visiblement un épicurien, un être qui vit pleinement sa vie, qui va au bout de ses idées. Brillant, des buts bien précis motivent chacune de ses actions; altruiste, il est conscientisé par l’état de notre planète depuis son plus jeune âge.
Amant de la nature, il ne peut vivre éloigné du St-Laurent.
Il débute ses journées par une marche sur son terrain borné au fleuve pour faire de l’ordre dans ses pensées et s’oxygéner avant de prendre la route du bureau où il dirige une équipe d’une trentaine de personnes, constituée de chercheurs, d’assistants chercheurs et de techniciens.
« Je peux terminer mes journées tard le soir, mais ne me parlez pas avant 09hres le matin, je ne suis pas là! »
Il espère se remettre un jour à la sculpture sur bois, peut-être également à la peinture.
Perfectionniste et minutieux, il faut le voir écrire d’abord un brouillon avant de dédicacer l’assiette blanche que la propriétaire de Chez Octave lui tend pour ajouter au «mur des célébrités»!
Père d’un fils début trentaine, il est heureux de le voir s’accomplir dans le domaine de l’informatique. « Je lui ai montré à écrire son nom sur le clavier de l’ordinateur, assis sur mes genoux! »
Quand M. Bernier prendra-t-il sa retraite…? « Quand je serai grand-père ».
Avis à Pascal donc!
Mais on s’en doute, il s’agira d’une retraite active, où le mentorat, les mandats ponctuels et les conférences pour une thématique donnée meubleront les jours.
On ne peut que lui souhaiter une belle continuité, et lui présenter notre admiration pour une carrière aussi remarquable.