Économique

Bien des craintes ont été soulevées ces derniers mois quant à un retour possible en récession. Toutefois, même si la possibilité d’une rechute est possible, le scénario de croissance lente demeure crédible pour les économies industrialisées comme les États-Unis, le Canada et le Québec. Ce pronostic est rassurant, cependant, on ne peut nier que l’Europe montre des signes de faiblesse évidents. L’incertitude quant à un effondrement du système bancaire européen a créé des remous importants sur les marchés financiers. Les autorités monétaires et les gouvernements travaillent à des solutions de long terme aux problèmes d’endettement public de certains pays de la zone euro. En dépit de ces efforts, les prévisions pour les années 2011 et 2012 ont été revues à la baisse. Elles ne sont pas négatives pour autant.

 

De ce côté-ci de l’Atlantique, on a vu l’économie américaine donner des signes de ralentissement lors de la débâcle des marchés financiers au cours de l’été. Plus récemment, cette tendance à la baisse s’est estompée : on a constaté que les indicateurs économiques n’affichaient plus une détérioration aussi importante de l’économie de l’oncle Sam. Est-ce qu’on peut en conclure que l’économie américaine est tirée d’affaire? Non, elle demeure vulnérable. Toutefois, le scénario de croissance lente du PIB, sous les 2 %, est privilégié pour cette année et l’an prochain. Les récentes données sur le marché du travail font état de la combativité de l’économie. Bien qu’elles offrent un soutien aux consommateurs et au marché immobilier qui en a bien besoin, elles ne pourront à elles seules rétablir la santé du pays. Heureusement, les bas taux d’intérêt sont un baume pour le marché de l’habitation.

 

Au Canada, l’économie canadienne fait la démonstration d’une bonne robustesse. Malgré toutes les secousses provoquées par les marchés financiers et la situation préoccupante des économies européenne et américaine. L’emploi continue de croître et les ventes des manufacturiers sont à la hausse au 3e trimestre. Il faut dire que l’économie du pays n’est pas aussi mal en point que celle des Américains. Le Canada a rattrapé les pertes subies durant la crise financière tant au chapitre de la croissance (PIB) que du marché du travail. Bref, il y a beaucoup de monde au travail, susceptible de dépenser et de soutenir les dépenses et le marché de l’habitation. Les problèmes de l’industrie automobile qui pesaient lourd sur la valeur des ventes manufacturières et des exportations sont en voie de se résorber. La croissance est au rendez-vous : elle est modeste et le demeurera en 2012. Néanmoins, elle sera supérieure à celle des États-Unis, soit un peu plus de 2,0 %. Il faut dire que le dynamisme des provinces productrices de pétrole contribue à cette augmentation.

 

Au Québec, le spectre de la récession a été évoqué à quelques reprises. Bien que la croissance ait été négative d’avril à juin, le marché du travail et la force des ventes au détail augurent bien pour les dépenses des ménages au 3e trimestre. On a aussi observé une augmentation des ventes des manufacturiers et des exportations durant la même période. Il y a de l’énergie dans l’économie interne. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à une progression fulgurante. Le Québec est très ouvert sur le monde et il n’est pas à l’abri des soubresauts. La hausse du PIB se chiffrera autour de 1,5 % pour 2011 et 2012. En résumé, l’économie avancera, mais à pas feutrés, le temps que les incertitudes se dissipent.

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Québec, le 27 octobre 2011 – Aujourd’hui, sur l’heure du midi, la Société des traversiers du Québec et le député de Lévis, M. Gilles Lehouillier, au nom du gouvernement du Québec, ont célébré la millionième traversée de la traverse Québec-Lévis à bord du N.M. Alphonse-Desjardins, en présence de Mme Agnès Maltais, députée de Taschereau, Mme Danielle Roy-Marinelli, mairesse de Lévis, et de M. Régis Labeaume, maire de Québec.

 

Tout d’abord, il y a eu dévoilement d’une bannière commémorative de la millionième traversée illustrant le N.M. Alphonse-Desjardins en 1971 et en 2011. Par la suite, tous les invités se sont rendus sur le pont extérieur afin d’assister à l’envol de quatre colombes symbolisant les quatre décennies d’existence de la Société des traversiers au service des citoyens du Québec. Puis, le capitaine sénior de la traverse, M. Gilles Pruneau, qui cumule 40 ans de service, a laissé s’envoler 40 ballons dans le ciel entre Québec et Lévis. Suivant la salutation du sifflet maritime des deux traversiers en service, le président-directeur général de la STQ, les maires et le représentant du gouvernement du Québec ont prononcé chacun une brève allocution.

 

« Depuis quarante ans, la Société des traversiers du Québec joue un rôle névralgique dans le transport en commun entre Québec et Lévis. Plus de 25 000 traversées sont effectuées à chaque année entre les deux rives et le nombre de passagers est en croissance année après année. Le secteur de la traverse à Lévis, avec les projets d’aménagement de 20 M$ qui débuteront bientôt et la construction d’une nouvelle gare fluviale pour les traversiers, deviendra une porte d’entrée exceptionnelle pour les quelque quatre millions de touristes qui visitent la région de Québec à chaque année » a déclaré M. Lehouillier.

Pour sa part, M. Georges Farrah, président-directeur général de la STQ, a remercié tous les invités de leur présence à l’occasion de cet événement unique : "Je suis très heureux de voir que notre millionième traversée suscite autant d’intérêt. Tous les employés de la traverse travaillent sans relâche depuis 40 ans afin d’assurer des services de transport interrives fiables. De nombreux clients nous sont d’ailleurs fidèles depuis 20, 30 et même 40 ans." Il a ajouté : "J’ai le plaisir aujourd’hui de vous dévoiler notre cadeau de la millionième traversée soit l’accès à Internet sans fil à bord, ici même sur le pont des passagers, de même que dans nos gares de Québec et de Lévis. Ce nouveau service sera également offert à l’extérieur sur le 3e pont sous peu. Cette nouvelle offre est déployée et opérée par ZAP Québec, un organisme à but non lucratif voué au développement d’un réseau communautaire de zones d’accès public à Internet sans fil et gratuites." En terminant, M. Farrah a mentionné : " Nous avons lancé un concours afin de recueillir des anecdotes qui se seraient déroulées à bord de nos traversiers au cours des 40 dernières années. Il y a 1 000 $ en prix. J’invite la clientèle à participer à ce concours en nous racontant leur traversée inoubliable."

L’événement s’est clos avec la signature du livre d’or du N.M. Alphonse-Desjardins par tous les dignitaires présents.

 

Rappelons qu’à elle seule, la traverse Québec-Lévis réalise plus de 25 000 traversées annuellement et dessert plus de 2 millions de passagers, qu’ils soient à pied, en auto ou à vélo.

 

À propos de la Société des traversiers du Québec

 

Société d’État du gouvernement du Québec, la Société des traversiers du Québec exploite cinq traverses le long du fleuve Saint-Laurent et possède une flotte de 13 navires. Annuellement, près de 540 employés réalisent environ 104 000 traversées alors que dix de ses navires accueillent plus de 5,4 millions de passagers, 2,7 millions de véhicules et près de 188 000 vélos. Ses trois autres navires sont opérés par des partenaires, la STQ étant également gestionnaire de 15 contrats de transport maritime et aérien. Les traverses de la STQ contribuent grandement au développement social, économique et touristique des régions qu’elles desservent. Chef de file des services de traversiers et de dessertes au Québec, elle est reconnue pour la fiabilité et l’excellence de ses services depuis 40 ans.

 

 

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Source :

Maryse Brodeur

Direction des communications et du marketing

Société des traversiers du Québec

Tél. : 418 646-0359, poste 302

 

 

 

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Février 2011

Que nous réserve 2011 ?

Si la tendance se maintient, l’année qui débute sera placée sous le signe de la croissance économique et elle sera favorable aux entreprises. Mais voilà, les perspectives se sont quelque peu assombries ces dernières semaines avec la montée des prix du pétrole. Cette appréciation des prix fait suite, notamment, aux mouvements de protestation en Tunisie et en Égypte. Bien que, pour le moment, l’offre soit suffisante pour répondre à la demande, on ne peut présumer des développements à venir. Une flambée des prix pourrait saper le moral des consommateurs et des entrepreneurs et ralentir l’activité économique mondiale. Il est trop tôt pour estimer les répercussions des tensions actuelles, mais il faut s’attendre à ce qu’une prime de risque soit accolée aux prix de l’énergie dans les prochains mois.

Malgré ces incertitudes, les conditions économiques se présentent, en général, favorablement. Toutefois, l’activité économique ne sera pas très vigoureuse. La situation n’est pas parfaite, loin de là. Les États-Unis ont fort à faire pour regagnerde la vigueur. Au pays de l’oncle Sam, on doit s’attaquer à plusieurs problèmes à la fois, ce qui empêche l’économie de croître à bonne vitesse. Tout d’abord, le marché de l’habitation n’est toujours pas remis sur ses rails et il faudra encore plus d’une année pour assainir la situation. Par ailleurs, la santé financière des consommateurs n’est pas complètement rétablie, l’endettement et la perte de la valeur sur les maisons, limitent les élans dépensiers des Américains. Enfin, le marché du travail est loin d’avoir retrouvé les emplois perdus durant la crise. À cela s’ajoute la situation précaire des finances du gouvernement. Heureusement, le secteur privé semble prendre graduellement le relais avec l’augmentation de ses investissements.

Au Canada, le portrait d’ensemble se présente un peu mieux. Les problèmes des particuliers n’ont pas du tout la même ampleur. De plus, les emplois perdus durant la récession ont été comblés, ce qui assure un certain pouvoir d’achat aux Canadiens. Les entreprises ont recommencé à investir, à la faveur de taux d’intérêt qui demeureront bas pour encore un bon moment. Tout n’est pas rose pour autant : la valeur du dollar canadien nuit aux exportations et la faible demande américaine pour nos produits sont des freins à la croissance. Mais, l’année 2011 s’annonce tout de même positive. Au Québec, on rencontre les mêmes embûches, et l’on s’attend à une progression modérée de l’activité économique.

Les entreprises et les consommateurs québécois vivront dans ce contexte où se côtoieront la croissance et l’incertitude. De façon plus immédiate, les bas taux d’intérêt bénéficieront tant aux particuliers qu’aux entreprises. On constate que le niveau de confiance est élevé, ce qui sera favorable aux dépenses et à l’économie. En 2011, la croissance de l’emploi au Québec sera d’environ 60 000 nouveaux postes, ce qui permettra d’accroître le niveau de dépenses. En contrepartie, la hausse des prix du pétrole aura des effets dans toutes les activités et dans le portefeuille des automobilistes. Par ailleurs, dans le secteur forestier, les prix du bois d’oeuvre ne se relèveront pas de façon décisive avant 2012, le marché américain étant encore en convalescence. Toutefois, au Québec, le nombre de nouvelles constructions sera moins élevé qu’en 2010, mais il n’est pas question d’effondrement. Les dépenses de rénovation seront encore à la hausse, ce qui favorisera la demande pour les matériaux de construction. Il reste près de 10 mois à couvrir en 2011, ce qui laisse place à bien des possibilités. Pour le moment, c’est le scénario de croissance qui domine.

Joëlle Noreau
Économiste principale
Mouvement Desjardins

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Avril 2010

Le tout dernier budget du Québec : un plan de travail pour plusieurs années

Alors que le mois de mars a été caractérisé par un redoux exceptionnel des températures, il s’est terminé, aux yeux de certains, par un sérieux refroidissement avec le dépôt du budget du gouvernement du Québec.

Toute ponction dans les goussets des contribuables ne peut être reçue dans la bonne humeur et l’enthousiasme. En contrepartie, ce n’est pas de gaieté de coeur que l’on doit annoncer que des temps durs s’en viennent et qu’il faudra à nouveau se serrer la ceinture, d’autant plus que l’on a essuyé une récession l’année précédente. Toutefois, la situation financière du Québec commande des actions vigoureuses depuis déjà un moment et il était amplement temps d’agir. Pourquoi? D’abord pour rétablir l’équilibre entre les revenus et les dépenses de l’État québécois, ce que l’on appelle généralement « l’équilibre budgétaire ». Ensuite, pour réduire la dette accumulée au fil des ans. C’est un plan en deux étapes que propose le budget déposé récemment. Il est vrai que les finances d’un État ne peuvent être gérées comme un budget familial. Toutefois, prendre l’habitude de dépenser plus qu’on ne gagne n’est pas souhaitable, même pour un gouvernement. Augmenter la dette n’est pas désirable non plus, surtout dans un contexte où des hausses de taux d’intérêt sont attendues. Plus la dette sera élevée, plus le paiement des intérêts sera considérable et grugera une part de plus en plus importante des dépenses courantes de l’État. Ce faisant, les administrateurs publics se retrouvent sans marge de manoeuvre pour affronter les coups durs.

Si la gestion des finances semble chancelante et qu’aucune mesure n’a été mise de l’avant par le gouvernement pour y remédier, les agences de notation, qui évaluent la solvabilité des emprunteurs, baisseront la cote de crédit de l’État québécois. Cette décote lancera le message qu’un doute s’est installé quant à la qualité de la gestion des finances publiques et les prêteurs se sentiront légitimés d’exiger une « prime de risque » qui prendra la forme de taux d’intérêt plus élevés pour les emprunts gouvernementaux du Québec. Plus on repousse le problème, plus le fardeau sera lourd à porter et plus rude sera le coup de barre qu’il faudra donner pour corriger la situation.

Lors du dernier budget, un flot de mesures a été divulgué en quelques minutes, ce qui a provoqué une levée de boucliers. Si des hausses de tarifs et de taxes ont été annoncées en rafale, il faut garder en tête qu’elles s’appliqueront graduellement et dans certains cas, dans plusieurs années. Comme contribuable, le relèvement de la taxe de vente du Québec de 1 % en janvier 2011 et janvier 2012 est de celles que l’on remarque le plus. Elle vient combler la place que n’occupe plus le gouvernement fédéral lorsqu’il a abaissé la TPS (taxe sur les produits et services) de 7 % à 5 %. De façon plus immédiate, le taux de la taxe sur le carburant sera haussé de 1¢ le litre le 1er avril de chaque année de 2010 à 2013. De plus, l’instauration d’une contribution annuelle à la santé pour chaque adulte, qui s’échelonnera de 25 $ en 2010, à 100 $ en 2011 et à 200 $ en 2012, servira à soulager l’alourdissement prévu des dépenses en santé. Toutes ces mesures, en plus de rapporter des sources de revenus supplémentaires à l’État, viennent mettre en évidence que les services ne sont pas gratuits : peu importe que la prestation de service provienne du gouvernement ou du secteur privé, elle a un coût. Par ailleurs, les personnes et les familles à faible revenu seront exemptées ou compensées pour la hausse de la TVQ et la contribution à la santé par un crédit d’impôt bonifié appelé « crédit à la solidarité ».

En ce qui a trait aux tarifs d’électricité, ils seront rehaussés de 1¢ /kWh à compter de 2014, et ce, pour une période de cinq ans. Les sommes recueillies seront dédiées au Fonds des générations qui servira à réduire la dette accumulée. Il s’agit donc de la seconde partie du plan, payer la dette une fois que l’équilibre budgétaire aura été rétabli.

L’expérience passée l’a révélé : l’ajout de taxes à la consommation fera toujours grimacer. Toutefois, le relèvement des impôts décourage le travail et l’épargne alors que celui des taxes et des tarifs est beaucoup moins dommageable.

Les payeurs de taxes ne seront pas les seuls à fournir des efforts afin de rétablir l’équilibre. Le gouvernement du Québec se met au régime en gelant la masse salariale de la fonction publique notamment. Les dépenses de fonctionnement de nature administrative seront graduellement réduites de 10 % d’ici 2013-2014. La croissance des dépenses de programmes sera ramenée à 2,9 % en 2010-2011 (versus 3,8% en 2009-2010) et à 2,8 % jusqu’en 2013-2014. Des efforts supplémentaires porteront sur la lutte à la fraude fiscale et le contrôle des dépenses dans les organismes publics.

Les entreprises seront mises à contribution également. Ainsi, les institutions financières verront augmenter temporairement la taxe compensatoire, principalement appliquée sur la masse salariale et les primes d’assurance perçues : il en coûtera 471 millions $ de 2010 à 2014. Pour les sociétés minières, le réajustement du régime des droits miniers permettra de récupérer 188 millions $ de plus pour compenser l’utilisation de ressourcesnon renouvelables dont la propriété est publique.

Même s’il soulève l’indignation des payeurs de taxes, le budget qui vient d’être déposé est un pas dans la bonne direction dans un contexte de vieillissement accéléré de sa population et de baisse éventuelle de son potentiel de travailleurs. Il s’attaque aux problèmes qui compromettront le développement et la prospérité de l’économie du Québec.

Joëlle Noreau
Économiste principale
Vice-présidence Études économiques, MCD
Fédération des Caisses Desjardins


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Novembre 2010

La reprise économique est là, mais elle s’essouffle

Après la récession, l’économie mondiale a démarré en lion. Toutefois, il faut reconnaître que depuis le printemps, la reprise est beaucoup moins vigoureuse et le climat économique actuel suscite de l’inquiétude.

Aux États-Unis, les consommateurs ont été échaudés par la crise économique et financière et ils s’appliquent à payer leurs dettes et à économiser plutôt qu’à dépenser. De plus, ils sont peu portés à emprunter. Comme les dépenses de consommation comptent pour environ 70 % du PIB américain, on comprend alors que l’économie de l’oncle Sam progresse lentement. En parallèle, la récession a laissé derrière elle encore 7,8 millions de nouveaux chômeurs qui n’ont toujours pas retrouvé un travail.

On constate que le marché immobilier américain n’est pas au bout de ses peines. Le nombre de mises en chantier et de ventes de maisons fait du sur-place, sans que des gains continus et appréciables ne soient enregistrés. On réalise que depuis la fin de la récession, la croissance de aux États-Unis a été largement soutenue pas les plans d’aide du gouvernement. Depuis le printemps, au moment où une large part de ces mesures spéciales ont pris fin, les entreprises et les consommateurs n’ont pas assuré le relais, d’où le manque de vigueur de l’économie. Faut-il craindre le pire ? Il y a des risques, toutefois, cette option n’est pas privilégiée. La croissance économique est modérée et elle le sera également l’an prochain.

L’économie canadienne se porte mieux, mais on y trouve également des signes de ralentissement. Les Canadiens sont moins endettés, le marché immobilier n’a pas subi une dégringolade semblable à celle des Américains et la situation budgétaire du gouvernement est moins fragile. Cependant, il faut admettre qu’après avoir rebondi fortement l’automne dernier, l’économie a ralenti son rythme et elle gardera une cadence réduite.

Au Québec, la forte accélération a fait place à une période d’hésitation. L’économie a regagné tous les emplois perdus durant la récession depuis déjà plusieurs mois, et ce, bien avant le Canada. Depuis, la création d’emplois est moins vigoureuse, la construction neuve est plus lente, les ventes de maisons diminuent et les prix de ces dernières augmentent moins rapidement.

Par ailleurs, l’indice précurseur Desjardins (IPD), qui annonce trois à six mois à l’avance la bonne ou la mauvaise marche de l’économie québécoise, diminue depuis quelques mois, ce qui laisse entendre que la croissance sera ralentie d’ici la fin de 2010 et au début de 2011. Malgré une bonne création d’emplois depuis un an et des dépenses soutenues de la part des consommateurs, le Québec n’est pas à l’abri de tout. Sa très grande ouverture face à l’économie américaine joue contre lui. Les exportations sont toujours anémiques quand on les compare au niveau qu’elles affichaient en 2006, 207 et 2008.

C’est dans ce contexte économique plutôt hésitant que la région doit tirer son épingle du jeu. Le dollar canadien s’est apprécié, mais il n’a toutefois pas atteint la parité avec le dollar américain de façon durable, ce qui demeure favorable aux exportateurs. Pour les entreprises de services, la vigueur de l’économie québécoise et la forte création d’emplois depuis un an supporteront la consommation. Toutefois, les particuliers pourraient être plus prudents dans leurs élans dépensiers compte tenu du contexte général moins optimiste qu’en début d’année. Les entreprises associées au secteur de l’habitation observeront un ralentissement, sans toutefois subir une chute abrupte des activités. La période actuelle est teintée d’incertitudes, toutefois, les craintes actuelles ne sont pas encore suffisantes pour remettre en cause les scénarios de croissance modérés pour les prochains trimestres.

Joëlle Noreau
Économiste principale
Vice-présidence Études économiques, MCD
Fédération des Caisses Desjardins


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